mercredi 20 juin 2007

Une histoire française...

Lyon, automne 2006. Je me rends au cinéma pour aller voir le film plébiscité par la france toute entière, INDIGENES.
Après 2h d'un film remarquable je ressors de la salle avec une émotion très forte et ressentie quelque temps auparavant chez mes grands parents lorsque que je découvrais l'histoire d'un de mes ancêtres. En effet le régiment dont il était question dans le film avait vu un de ces bataillons dirigé par mon arrière grand père.
C'est en effet en discutant avec mes grand parents paternels de la seconde guerre mondiale que ma grand mère m'a révélé l'histoire de son père, une histoire que j'aurais aimé connaitre plus tôt tant elle est exemplaire.
C'est cette fierté familiale que j'aimerais vous faire partager grâce aux nombreuses archives le concernant que ma grand mère m'a confiée.





Nous sommes en 1939, Jean Levesque père de 5 enfants, notaire reconnu de Besançon, est appelé au commandemant d'une compagnie du 260ème Régiment d'Infanterie avec le grade de capitaine.
Après l'étrange expérience de la drôle de guerre, la compagnie de Jean se retrouve sous les feux de l'armée allemande forte de sa nouvelle tactique militaire, la blitzkrieg. Le bruit court que la compagnie levesque est écrasée, que son chef est tué ou prisonnier... elle se bat à armes inégales pendant 48 heures, mais, par miracle, au prix de pertes sérieuse, Levesque se dégage et sa belle attitude lui vaut cette belle citation avec attribution de la Croix du Chevalier de la Légion d'Honneur des mains du général Weygand.


C'est l'armistice qui vient finalement conclure le combat héroique mené par de nombreux français durant cette année 1940.
La mort dans l'ame Jean doit revenir à la vie civile et il reprend ses fonctions de notaire à besaçon. Cependant il avertit sa famille que "tant que la France ne serait pas libérée, il se considérait comme mobilisé à son service".
Le 18 juin comme beaucoup de français il entend l'appel du général de gaulle qui c'est réfugié à Londres. Cet appel va être pour lui un nouvel espoir qui va le pousser à rejeter le fardeau du deshonneur qui pesait lourdement sur ses épaules.
C'est pour ce motif qu'il accepte le poste de président du comité bisontin de la croix rouge; Il accepte d'entrer au conseil municipal où il est nommé premier adjoint; ilaccepte d'être adjoint au délégué départemental du Secours National; Il fait passer en zone "libre" des Alsaciens qui ne voulaient pas servir l'Allemagne; il favorise l'évasion de prisonniers français; il fait diriger sur Vittel, où le traitement est meilleur, des Anglaises internées à Besançon; il s'emploie à améliorer le sort des prisonniers civils enfermés à la Butte...
Enfin, il prend une part très active, et très dangereuse, dans la Résistance. Sa situation devient alors très critique. En février 1943, il essaie en vain de rejoindre l'Afrique. La Gestapo l'inquiète de plus en plus; les arrestations se multiplient dans son entourage. En octobre, dans le plus grand secret, il quitte Besançon; le 28, il parvient à la frontière espagnole où il est arrêté (il le prévoyait sans inquiétude). Il demeure plus d'un mois de l'autre coté des Pyrénées avant de pouvoir s'embarquer à destination de Casablanca.



Le voilà chez les Forces Françaises Libres et Jean compte bien être affecté à une unité combattante pour retrourner au plus vite combattre sur le sol français.
Cependant il est affecté à une unité de Travailleurs qu'il croyait combattante; sa concsience le tenaille a nouveau, et en décembre 1943, il écrivait au Général Commandant en Chef, la lettre suivante:

"J'ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance, mon affectation à une Unité combattante pour les raisons suivantes: J'exerçais encore, le 10 octobre dernier la Profession de Notaire à Besançon, j'étais adjoint au Maire de cette ville, Président du Comité Social de la Croix Rouge Française, et surtout membre actif des Groupes de Résistance.
En raison de mon activité anti allemande, la Gestapo voulait m'arreter le 15 octobre derneir, et , sur les conseils du Colonel et des Groupes de Résistance du département du Doubs, je décidai de partir pour l'Espagne, pour l'Afrique du Nord, avec les consignes suivantes reçues du Colonel :
Renseigner - Rentrer si possible ou me faire affeceter à une unité combattante.-
Mon désir ardent était de reprendre le place de combattant en ma qualité de Capitaine de réserve.
J'ai été affecté au C.O.I. à Blida, dans une Unité non combattante.
J'ai la conviction de pouvoir être plus utile ailleurs. je sollicite donc de votre bienveillance une affectation dans une unité combattante.
Je suis d'ailleurs prêt a prendre rang avec le Grade et la fonction que l'on voudra bien m'y confier, tant est grand mon désir de faire mon devoir.


Quelques jours plus tard, Jean reçoit du Génral Commandant en Chef, une affectation au 7 ème Régiment de Tirailleurs Algériens (celui du film Indigènes). Le Capitaine Levesque est comblé; il n'écrira plus dans son carnet de route "Je traine dans Blida et Alger... Impression pénible, la politique bat son plein" (on pense ici au duel opposant Giraud à de Gaulle pour obtenir le poste de commandant en chef.)
Désormais, il va vivre, surles cimes neigeuses des montagnes Italienne, la vie trépidante et épuisante des combattants, et respirer un air pur, libéré de toute politique de toute combine !
Il prend part aux durs combats de Cassino où il est blessé par éclats d'obus au ventre; hospitalisé, il reprend quanrante jours plus tard sa place parmi les tirailleurs, pour l'offensive victorieuse de Mai; il entre à la tête de sa compagnie à Rome, et à Sienne, après une dure et très coûteuse campagne.





Après quelques jours de repos Jean Levesque est embarqué pour d'autres cieux et le 15 aout 1944, son Unité à Saint Tropez, reprend contact avec le sol Français.
Il participe aux opérations de libération de Marseille, remonte la vallée du Rhone, participe à la libération de la Zone Est de la Franche Comté puis des vosges.
Sa belle conduite lui vaut cette nouvelle citation à l'Ordre du Corps d'Armée:

"Levesque Jean, Capitaine de l'EtatMajor de 7° R.T.A. Officier d'élite de l'E.M. du régiment qui s'était distingué au cours des Campagnes d'Italie, de Provence et du Jura, Par son activité, sa compétence, son mépris du danger
Vient encore de donner la preuve de sa valeur au cours des opérations livrées sur les cols des Vosges du 25 novembre au 25 décembre 1944. Lors de la poussée du Col d'Oderen sur la vallée de la Thur et le Griebkopf, a assuré de nombreuses liaisons, dans un terrain difficile, sous le feu de l'artillerie et des mortiers ennemis."



Le 16 septembre 1944, Jean Levesque, constamment en lutte avec sa conscience et son devoir écrivait à Madame levesque, sa courageuse épouse une lettre :

"J'ai vécu, comme vous d'ailleurs, année angoissante, et je serais délivré d'un bien gros poids, si je vous savais libérés maintenant et en bonne santé.
J'espère d'ailleurs, que ce cauchemar, touche à sa fin, et que la vie normale pourra reprendre bientot.
J'aurais bien des choses à vous raconter sur ce que nous avons fait, et vous, sans doute bien des misères à me confier sur cette année que vous avez dû vivre seule avec la charge des enfants.
Néanmoins je suis persuadé avoir agi comme je devais agir. Plus j'y réfléchis, si j'ai ds regrets d'avoir dû vous laisser une telle charge, je suis persuadé avoir fait mon devoir, tel que je devais le faire.
J'ai la conviction que c'est de la somme des sacrifices que les familles Françaises ont consenti, que peut naître le redressement du Pays.
Un Peuple ne peut subsister en tant que Grande Nation, que s'il sait tout sacrifier à cette idée, jusqu'à ses affections les plus chères."



Malheureusement, le 22 décembre 1994 un accident survenu dans un véhicule de l'armée pour aller chercher des cadeaux pour son régiment va l'empecher de revoir son épouse, ses enfants et de vivre en paix avec cette conscience qui l'a toujours poussée à se surpasser et à se sacrifier pour la cause française.



Les funérailles du capitaine Levesque mort pour la France.


A titre posthume, la médaille de la résistance lui était décernée par décret du 24 Aout 1946.



Hommage à Jean Levesque



"Souviens de qui tu es le fils et ne forligne pas..."



(source: Discours prononcé par M. Becquenot au cours de la cérémonie d'inauguration des plaques commémoratives Bloch-Levesque le 10 mai 1947.)

1 commentaire:

Poulain a dit…

Hé mec, les photos c'est des extraits du nouveau film avec Alain Chabat ?